dimanche 7 juin 2020

21 salariés de la la Presse à Jarville licenciés! Le combat continue!


Distribuer la presse démocratiquement coûte un pognon de dingue ! c’est la faute aux salaires et aux syndicats ( discours politico/pathologique fin XXeme début XXIem siécle , avant que le capitalisme crève)



La liquidation des SAD, (distribution de la presse quotidien/magazines), a provoqué le licenciement de 512 salariés en France. La procédure a été officialisée, vendredi 5 Juin, par l’envoi des lettres de licenciement.
Pourtant rien n’est joué. 

Les salariés continuent le combat.

L’incompétence crasse de la macronie a vouloir casser tout ce qui coûte un pognon de dingue, est responsable de la pénurie générale de journaux, quotidiens et magazines. Les kiosques sont en perdition.
32000 points de vente en 1994 en France, 23 200 en 2017, 22 000 en 2019, 20 000 aujourd’hui, 10 % d’entre eux risquent fort de fermer dans les semaines ou les jours qui viennent. A moyen terme , 10 000 points de vente sont menacés.
Plus de presse dans le sud est de la France, de Lyon à Marseille, le sud ouest n’est pas mieux loti. Le nord de la France bricole, et s’approvisionne au fil de l’eau, imparfaitement. Plus grave et plus insidieux , les invendus qui représentent prés de 50 % des stocks presse des kiosques ne sont plus repris, plombant la trésorerie des petits points de vente, la liquidation du réseau a fait également imploser la garantie de trésorerie et de paiement , en direction des kiosquiers , des imprimeurs , et des éditeurs. La faute à la gréve des salariés du Livre CGT , dites vous ? Perdu ! c’est le lock out des éditeurs et de l’état qui met le réseau à terre. Une réussite de plus à mettre au palmarès de Macron.

Le rapport à l’acide fait au Sénat, par Laurent Garcia, député de Meurthe et Moselle et candidat à la Mairie de Laxou, a acté la fin du système de péréquation garantissant le pluralisme de la distribution de la presse. Le lobbying des groupes financiers de presse a payé. Ils ne seront plus solidaires d’une distribution démocratique, la presse doit se vendre comme les petits pois en boite, avec le soucis de la concurrence. La presse doit être un élément de la croissance du capital, un article de bazar compatible avec les lois du marché.

Ça y est , c’est fait ! La concurrence libre et non faussée se roule dans la fange du libéralisme. 10 % des éditeurs font 90 % du chiffre d’affaire de la totalité de la presse sur 20 % du territoire national . C’est bien ça l’essentiel. 80 % des points de vente doivent disparaître.
Vous pourrez trouver le journal de votre choix (relatif) auprès d’une gare, d’un aéroport où statistiquement passent les classes moyennes et moyennes supérieures. Pas toutes les gares , les sous préfectures n’accueillant pas de TGV sont priées d’aller se faire foutre. La presse autorisée sera dans les 20 % tolérés par le capital et vive la concurrence.

Bienvenus clients !!! dans notre gare ou aéroport vous trouverez Géo, Capital , des mot croisés…..pardon ? vous vouliez quoi ? le canard enchaîné ? Le monde diplo ? Non, ça va pas être possible, ce cher Laurent Garcia (enfoiré !) a judicieusement précisé dans son (putain de ) rapport que les diffuseurs pourraient choisir les titres mis à la vente. Compris?
Charlie Hebdo, Siné Mensuel, La décroissance , Fakir , DEGAGEZ!!! c’est le capital qui gère l’info! Place au bizness.

Oui mais, ça branle dans le manche !!   



Belle fable, mis à part que les travailleurs de la presse, syndiqués à la CGT ne veulent pas de ce brouet moyenâgeux. Du Nord au Sud , les travailleurs se mobilisent, occupent les locaux.
Ils se battent bien sûr pour leur emploi , mais aussi pour que TOUS les titres (6000) soient disponibles dans plus de 20 000 points de vente , sur l’ensemble du territoire . Le journal de votre choix doit être livré et disponible , là où vous habitez.
C’est un boulot difficile, payé 1800 € brut , sur 14 mois, pour 364 jours de taf (sauf le 1er Mai) , dimanche, fériés compris. A Jarville comme à Marseille , Brest, Lyon, Toulouse , Nantes. Depuis 1994 la masse salariale a été divisée par sept ! Condition de travail, c’est minimum 20 tonnes par nuit.
C’est un boulot difficile par les nuits d’hiver, où les véhicules de liaison, s’embourbent ne montent pas les côtes verglacées (on a raboté la DDE , trop chère , pognon de dingue...)

C’est un boulot difficile de distribuer 6000 titres sur 20 000 points de ventes, toutes les nuits, à faire coïncider les véhicules en retard avec les livraison prêtes depuis longtemps.
Quand le travail s’espace, le rythme naturel reprend sa place dans le corps, on est fait pour dormir la nuit,, on s’effondre alors devant un café froid … Et soudain, 5 ou 6 tonnes de journaux se profilent au début de votre récupération , il faut se faire violence et assurer, monter sur le fenwick , empoigner les paquets, tout faire pour que le journal qu’on aime pas forcément soit en kiosque à 6 heures.
Pour arriver à la liquidation Presstalis, maître d’œuvre de la filière, a raboté tous les contrats de prestataires , téléphonie, photocopieurs , nettoyage, depuis deux ans les salariés bossent toutes les nuits dans une crasse immonde. Ils contactent les transporteurs souvent avec leur propre portable.

Laurent Garcia, laquais provincial du libéralisme, dans son incompétence crasse, a jugé qu’il fallait donner la prime à la marchandisation de la presse. Bien vu ! Mis à part que la Loi Bichet a été mise en place parce que tous TOUS les éditeurs, entre 1940 et 1944, s’étaient prosternés, le cul offert dans le lit de l’occupant.
Ah , quelle belle affaire chez Hersant , Madame, diffuser le journal Signal (magazine dynamique de la Waffen SS), les idées du Maréchal, c’était bon pour la croissance.
Pendant que les éditeurs couchaient avec l’occupant , la flicaille enfournait les juifs, les cocos, les roms et les autres, dans les bus pour le vel d’Hiv. Mais Radio Paris et la Presse Française allaient bien.. C’est la Résistance, le CNR qui ont mis la muselière au capital

L’ignorance de notre histoire, l’entêtement ou la bêtise de Laurent Garcia ne sont pas des excuses ou des circonstances atténuantes, c’est faire passer le profit avant le bien commun, coûte que coûte, et laminer le débat idéologique. L’idée vient de loin , les patrons en 1938 beuglaient «  plutôt Hitler que le front populaire », Les fondateurs de l’Oréal, enfilaient avec élégance la cagoule et spoliaient les biens juifs. C’est leur engeance qui aujourd’hui vole le bien commun pour s’empiffrer, parce que la démocratie coûte un pognon de dingue.

C’est bien l’ignorance de l’école macroniste, qui enterre l’école du bien commun , qui enterre celle de la résistance de Lucie et Raymond Aubrac, d’Emmanuel d'Astier de La Vigerie, qui créèrent Combat , Libération. Ignorance du courant littéraire journalistique, Jean Paul Sartre, Albert Camus,qui ont lutté de leur plume contre le colonialisme. La plume de Laurent Garcia n’est faite que pour signer au bas des lettres de créances du capital. Le député servile signe sous le doigt du capital.

Une semaine d’initiatives sur le terrain

Pendant que les patrons peaufinaient les lettres de licenciement, les ouvriers promis à la casse n’ont pas baissé les bras.

- Mardi 2 Juin , conférence de presse avec les salariés SAD / sont présent le PCF avec Bora Ylmaz, un représentant de la France Insoumise, un représentant du PS, l’Union départementale CGT et l’Union locale CGT

- deux articles (la semaine et l’Est républicain) relatent la rencontre (mercredi et jeudi)

- Jeudi 4, le délégué syndical Anthony Eighelthinger, rencontre Hervé Ferron , le Maire de Tomblaine, sensible au sujet de la presse qui a déjà rencontré les salariés à plusieurs reprises.

- Vendredi Matin (5 juin), Hervé Ferron revient au dépôt accompagné du Sénateur Olivier Jacquin qui a contacté le Préfet pour trouver une issue à la situation sociale, et remettre en place une distribution de la presse efficiente
Déclaration d’Olivier Jacquin sénateur LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉMOCRATIE, LES JOURS malHEUREUX
Suite à une question écrite au ministre déposée au sujet de la liquidation du distributeur de presse Presstalis, je rencontrais ce matin les salariés du site de Jarville, accompagné d’Hervé Feron, Bora Yilmaz, Pascal Schneider et Laurent Trogrlic également engagés sur ce dossier.
La liberté de la presse et sa distribution a connu une loi importante en 1947, dans les fameux jours heureux qui sont maintenant si chers à notre Président de la République.
La remise en question de ce système, qui provient en France du conseil national de la résistance, a pourtant été entérinée par une loi récente, dont Laurent Garcia, député MoDem, fut le rapporteur, entreprenant de casser ce système égalitaire avec péréquation et prix unique dans toute la France qui permet à un.e Corrèzien.ne de recevoir le journal dans les mêmes conditions qu’un.e Parisien.ne.
Les grands groupes de presse restent silencieux à ce sujet. Estimant la péréquation trop onéreuse, ils souhaitent mettre en place leur propre système, comme l’écrit Alternatives Économiques. Mais à quel prix pour l’égalité des territoires ?
- Vendredi après midi, une délégation de salariés de la SAD est reçue par le président du conseil général . Durant l’entretien , le préfet confirme une rencontre au plus tôt , entre les élus , les salariés , les éventuels repreneurs (?)
-Vendredi soir , une soirée de soutien (apéro/ concert) a réuni plusieurs dizaines de personnes venues apporter leur soutien financier et passer un moment de détente avec les salariés qui avaient reçu leur lettre de licenciement le même jour. (il n’y a pas eu trop de pub , à cause de la répression dévolue au titre des lois sanitaires , et de la surveillance policière du site, mais c’est partie remise pour une teuf d’envergure)
En cours la préparation de la rencontre à la préfecture, une réflexion sur les modalité d’actions à venir, les locaux sont toujours sous la surveillance et l’entretien des salariés
On lâche rien !


C’est bien le vœux des éditeurs les plus riches, casser le syndicat du Livre CGT , quitte à casser l’outil de production. Vieux rêve réactionnaire, se payer la CGT du Livre, ça fait plus d’un siècle que ces tocards fantasment…..
L’affiche du Syndicat du Livre l’affirme, 512 licenciements , ça doit être 512 solutions, les salariés avec leur syndicat , leur Union Locale, ne lâcheront rien. Il est illusoire de penser que l’activité pourrait être redistribuée , à la découpe , au rabais en laissant sur le carreau les ouvriers du Livre . L’atelier est certes prêt à redémarrer à Jarville, mais les salariés ne sont pas prêts à dégager, ils sont toujours prêts à se battre.
La semaine qui vient de passer conforte leur combat, la discussion remonte auprès du représentant de l’État qui avait déserté ses responsabilités.
Déterminés , mais un peu désargentés , les travailleurs en lutte on besoin de votre soutien, y compris financier. L’union Locale CGT , 17 rue Drouin , recueille les dons pour les salariés en lutte, précisez « solidarité SAD …. Merci pour eux
Retraités CGT du livre parisien